Climat : polémique entre académiciens

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Climat : polémique entre académiciens

Message par Blondin le Mer 14 Mar 2007 - 12:51

Un débat a eu lieu mardi, donnant la parole aux « sceptiques » qui nient l'origine humaine du réchauffement.
LA FOIRE d'empoigne tant redoutée n'a finalement pas eu lieu. Car ce qui, à l'origine, devait être un débat opposant Claude Allègre, un des chefs de file des « sceptiques » sur le changement climatique en France, et ses contradicteurs, n'en a pas été un. L'idée, lancée en décembre à la suite de la polémique née des déclarations tonitruantes de l'ancien ministre - il avait nié, dans L'Express, le caractère anthropique (dû aux activités humaines) du réchauffement climatique -, a finalement pris une forme quelque peu différente. Hier, dans la grande salle des Séances de l'Institut de France, l'Académie des sciences a organisé une « conférence-débat » consacrée au climat, au cours de laquelle les uns et les autres ont exposé leurs positions, suivie d'une « discussion générale ».
Le grand absent de cette réunion était Claude Allègre lui-même. Mais elle était animée par un de ses proches, Vincent Courtillot, directeur de l'Institut de physique du globe (IPGP), auquel l'ancien ministre appartient, et Bernard Tissot (défenseur du consensus actuel), afin de respecter un certain équilibre entre « ceux qui croient au ciel avec un G au début et un C à la fin et les autres » (le Giec, le groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat), selon le bon mot de Vincent Courtillot.
Le sujet a attiré du monde, de la présidente du CNRS à une RMiste, ravie de se trouver assise sous le buste de Racine, en passant par des étudiants. De fait, après avoir lancé l'idée de ce débat, l'Académie a craint que la tonalité polémique des propos tenus par Claude Allègre ne rejaillisse négativement sur son image. Aussi les choses ont-elles été quelque peu balisées. Une première journée de préparation, organisée à huis clos, a eu lieu la semaine dernière, lundi 5 mars. Les nombreux orateurs ont répondu aux questions, transmises par écrit, seulement en fin de journée.
Fiabilité des modèles
« Nous souhaitons tous que les choses ne s'enveniment pas », confiait avant le débat d'hier Jean-Louis Le Mouël, de l'Académie et de l'IPGP. Le nombre d'exposés précédant la discussion a été limité à trois. On s'étonne simplement que les orateurs « sceptiques » représentés au cours de ces deux débats appartiennent en majorité à l'IPGP : Allègre, Courtillot, Le Mouël et Fluteau.
Sur le fond, chacun a pu se forger sa propre opinion. « Une des questions centrales est le degré de fiabilité des modèles climatiques », expose Jean-François Bach, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences. Hervé Le Treut, membre de l'Académie et du Giec, a longuement expliqué les améliorations passées de ces modèles et celles qui restent à faire.
Deuxième principale pomme de discorde : l'origine du réchauffement. Jean-Louis Le Mouël a représenté la voie des « sceptiques », mettant en avant le rôle des variations d'activité du soleil, du volcanisme, des rayons cosmiques ou du magnétisme, plutôt que les variations de CO2 d'origine humaine, pour expliquer les variations de température. Édouard Bard, professeur au Collège de France (CNRS-Cerege), a, de façon très convaincante, répondu point par point à ces arguments.
Puis, au cours de la discussion, les questions ont fusé. Pourquoi le Groenland était-il vert jusqu'au milieu du XVe siècle et aujourd'hui recouvert de glace ? Une météorologue de Paris-VI s'interroge : « Pourquoi les sceptiques croient-ils autant à 1/6e de watt par mètre carré dû à l'effet du soleil et mettent-ils tant en doute 2,4 watts par mètre carré dus à l'effet du CO2 ? » Hervé Le Treut, qui s'est montré ouvert à la discussion, réfute pourtant les arguments de ces derniers. « L'unanimisme de la communauté scientifique et notamment du Giec mérite éventuellement qu'on s'y attarde. Car, sur le fond, il faut être très ouvert. Mais je constate que les arguments avancés ne remettent rien en cause. » Or, pour lui, la charge de la preuve incombe désormais aux sceptiques. Marie-Lise Chanin, membre de l'Académie, surenchérit : « Je suis très gênée par le fait qu'il existe une compétition entre les causes an thropiques du réchauffement et l'effet du rayonnement solaire. Les deux coexistent. »
« Ce débat était d'une très bonne tenue et je trouve cela très important que la communauté scientifique débatte de ce thème », a estimé la présidente du CNRS, Catherine Bréchignac, à l'issue de ce débat. On regrettera cependant qu'il se soit focalisé sur quelques thèmes assez restrictifs, tournant largement autour de l'activité solaire. Mais, comme a conclu Vincent Courtillot, « il existe une vision très largement minoritaire ; il est important qu'elle puisse s'exprimer ».
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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Rantanplan le Mer 14 Mar 2007 - 14:09

Voilà un beau débat… académique, mais c'est une exception, dans un cadre encore protégé, car le reste du contexte est gangrené par la politique. La condition de la science, c'est qu'on n'emploie pas la force pour imposer son point de vue ; or les chercheurs vivent d'argent volé au contribuable par la police, et leurs prétendues découvertes servent ici de prétexte aux puissants pour tenter d'infliger aux faibles un surcroît massif d'oppression et d'exploitation.

On n'a donc pas seulement affaire à un débat scientifique, où par définition chacun respecte le Droit des autres d'avoir une opinion différente et d'agir en conséquence : comme chaque fois que l'État s'en mêle, il y aura aussi, voire d'abord, ceux qui s'imposent aux autres, et ceux qui sont forcés de subventionner des opinions et les projets qu'ils jugent stupides voire criminels — et qui, de ce fait, le sont d'ailleurs automatiquement devenus.

Si les économistes ne peuvent pas juger de l'évolution du climat, ils peuvent juger le cadre politisé, impérialiste et irresponsable, d'où nous vient le discours sur le "réchauffement de l'atmosphère", et la sophistique de ceux qui ont fait mine d'évaluer ses effets. Ils ont démontré d'absurdité du prétendu et anti-scientifique "principe de précaution".
Ce n'est pas un hasard si ceux qui veulent s'en servir comme prétexte pour faire violence aux autres préjugent de la question de savoir si le prétendu "réchauffement" est une bonne ou une mauvaise chose, et si on a le Droit d'employer la force pour, soi-disant, l'empêcher.
Cette manière de traiter les questions cruciales de l'économie et de la politique suffit à montrer quel est le rapport de ses adeptes à la vérité et à la justice : ce sont des imposteurs, qui vivent du vol d'autrui et complotent de le voler davantage.

Tant que demeurera cet élément criminel avéré, on aura les meilleures raisons de soupçonner les tenants du "réchauffement de la planète" d'être les complices plus ou moins conscients d'une énième escroquerie socialiste.
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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par BRUGIER PHILIPPE-ARNAUD le Mer 14 Mar 2007 - 16:48

Pour moi , la question du réchauffement climatique a une cause , qui est évidente et principale :

On sait que le Soleil est à la moitié de sa vie et que près de 30 % de l'Hydrogène a été converti en Hélium .
Ce qui signifie que les réactions thermonucléaires sont telles que cela a eu des conséquences sur les ères glaciaires .
En effet , depuis près de 200 000 ans , les ères glaciaires ont non seulement diminué en fréquences d'apparitions , mais aussi en durée , mais aussi en intensité du froid , ALORS QU'IL N'Y AVAIT PAS D'INDUSTRIE ET DONC ENCORE MOINS DE POLLUTION .
Les réactions thermonucléaires produisent des rayonnements ALPHA ( émission et production d'Hélium ) , BETA , et GAMMA . Ces réactions sont liées aux émissions de neutrinos ( rayonnement BETA + ) et / ou d'antineutrinos ( rayonnement BETA - ) .
Or , le Soleil a déjà entamé son orientation vers la Géante Rouge , car les réactions thermonucléaires sont telles que le Soleil commence imperceptiblement à gonfler , à grossir .
Les neutrinos ont donc des caractéristiques physiques ( vitesse , moment cinétique , états vibratoires électromagnétiques ) qui évoluent au cours du temps et qui modifient la Thermodynamique ( et plus particulièrement les données de l'Entropie , SECOND PRINCIPE DE LA THERMODYNAMIQUE :
Q=TS =>dQ=TdS+SdT ) de l'atmosphère de la Terre .

Il n'est pas étonnant que les pôles terrestres , lieux de cette faille électromagnétique de la Terre , soient l'objet d'aurores australes ou boréales, produites par les rayonnements cosmiques et solaires .
D'où les trous de la couche d'ozone à ces endroits précis ET PAS AILLEURS .

Et on continue à nous raconter des idioties à ce sujet , car on veut nous culpabiliser , concernant l'industrialisation , alors qu'elle n'a débuté que depuis 200 ans , environ !!!

JE RAPPELLE QUE LE VOLCANISME CIRCUM SIBERIEN , SURVENU ET PRODUIT IL Y A 11 000 ANS , A ACCELERE LE PROCESSUS DE RECHAUFFEMENT DE LA TERRE .
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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Blondin le Jeu 15 Mar 2007 - 15:17

Article tiré du Blog d'Olivier Pichon

Changement climatique confirmant ce que M&Vie publiait le 3 février dernier, un documentaire de la chaine britannique Channel 4 démontre <http://www.discoverthenetwork.org/Articles/Global%20warming%20labeled.html> que "la théorie du réchauffement climatique est l'un des plus gros mensonges actuels".
Présentant l'expertise de neuf professeurs renommés en paléoclimatologie, océanographie, climatologie, métérologie et biogéographie, ainsi que les travaux du MIT de Boston, du centre danois pour l'espace, de la NASA, de l'Institut Pasteur a Paris ainsi que d'autres observatoires spécialisés à Londres, Ottawa, Jérusalem et aux Etats-Unis, ce film se veut exhaustif.
"Je pense que mon documentaire changera les termes du débat", a expliqué le réalisateur. "Dans cinq ans plus personne ne clamera que le réchauffement climatique est dû aux gaz a effets de serre."

Le Salon beige <http://www.lesalonbeige.blogs.com/> a ouvert un débat sur le réchauffement climatique. Voici le texte que lui a envoyé Olivier Pichon :

Réchauffement : un problème de méthode.
Il semble bien que, dans cette affaire, le problème soit mal posé. Quel rapport en effet entre la foi et le CO2 ?
Il en a un c’est celui de la culpabilité, sauf qu’elle n’est pas chrétienne dans sa nature, cette culpabilité est matérialiste et malthusienne. Si le chrétien doit en effet respecter la nature que Dieu a mise à sa disposition, il a le devoir de la soumettre et de la transformer ne serait-ce d’ailleurs que pour permettre au tiers-monde de manger à sa faim. Cette mission a été l’honneur du monde occidental qui par la science et la technique (dont le développement aurait été impossible sans le christianisme ; la physique et l’économie comme la politique, même laïcisées, sont nées du « rendez à César…»). L’Europe ne veut plus assumer le fardeau de l’homme blanc, les populations européennes rêvent de mourir dans le confort sans enfants, sans pollution, et sans avenir, le réchauffement climatique leur sert d’alibi. Or si ce réchauffement n’est pas niable, encore une fois, comme le montre le dossier de Monde & Vie, il importe d’en mesurer l’amplitude. Je le répète, il faisait plus chaud en France au moment de la magnifique renaissance (chrétienne) du XIIIe siècle. Relisez l’histoire des climats de Leroy-Ladurie !
Nous ne critiquons pas la thèse du réchauffement pour le plaisir de prendre le contre-pied du discours dominant, mais parce qu’il représente la nouvelle idéologie, recyclant le vieux marxisme à la sauce verte. Au demeurant le débat est ouvert et la rédaction de Monde & Vie est disposée à y participer, mais il faudra s’appuyer sur les apports de l’histoire et de la science car tout le reste est… littérature.
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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Peau d'âne le Ven 16 Mar 2007 - 21:17

Il est difficile de discuter avec des gens avec lesquels on est globalement d'accord, à moins de les paraphraser.
D'où quelques idées.
1) sur les écologistes politiques.
TOUTES leurs assertions sont fausses. Souvenez vous des pluies acides, dont les causes allaient dans le sens contraire à celui du vent. Et le trou de la couche d'ozone, repéré déjà lors de l'année géophysique internationale de 1958, avant la généralisation des frigos au fréon, etc...
Par contre, on ne les voit guère sur les vrais problèmes. Avez-vous entendu parler d'une association défendant l'orme, en cours d'éradication?
2) Il se trouve que, pour des raisons propres, j'ai beaucoup étudié cette question il y a plus de dix ans. A l'époque, tous les scientifiques s'occupant de ce point étaient d'accord: la prochaine glaciation commencerait dans quinze cents ans. Ce qui, en temps géologique, est demain.
3) Donc, comme la situation "en glaciation" est bien plus défavorable que l'actuelle (qui, de toute façons, est par définition pour un écolo l'optimale), ne devrait-t'on pas favoriser tout ce qui peut augmenter l'effet de serre, par exemple en dissolvant les calcaires?

Bien à vous
Le résonneur[/i]
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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Guinevere le Ven 16 Mar 2007 - 21:32

Ce qui me frappe chez les écolos, mais ils ne sont pas les seuls, c'est une inaptitude étonnante à admettre le changement. Il faudrait figer le monde dans un équilibre qui serait non pas celui du présent mais, idéalisé, celui d'hier. Pourtant nous savons qu'au cours des millénaires, les climats ont varié (et même parfois très rapidement comme on le voit avec les mammouths congelés de Sibérie), les espèces vivantes se sont renouvelées, le niveau des mers a oscillé et ne parlons pas de la dérive des continents ! Pourquoi brusquement faudrait-il que tout se fige ?
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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Rantanplan le Ven 16 Mar 2007 - 22:29

C'est une inaptitude philosophique : les gens de gauche sont anti-scientifiques, mais ils baignent dans le matérialisme scientiste, qui exclut par définition toute réelle nouveauté. C'est pour cela qu'ils ne peuvent pas admettre que toute la richesse humaine est non pas "naturelle" mais au contraire créée par quelqu'un : d'où leur malthusianisme spontané. Et comme la source principale de changement c'est l'information nouvelle créée par l'esprit de l'homme, ils considèrent l'homme comme un élément étranger à la nature, qui ne fait que la perturber.
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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Guinevere le Lun 19 Mar 2007 - 8:14

Oui, vous avez raison, ils considèrent l'homme comme étranger à la nature et même nuisible. Mais leur vision de la nature est tout aussi fausse que celle qu'ils ont de l'homme. Sans jeu de mot parasite, j'ai envie de la décrire comme horlogère : ils ont bien compris les boucles de rétroaction les plus simples du système écologique terrestre mais ils le voient comme une homéostasie, comme la fin de l'évolution, alors que l'histoire de la planète semble beaucoup plus complexe et même convulsive à certains égards. Je préfère l'idée chinoise (taoiste et bouddhiste) de l'impermanence.
D'accord aussi pour rejeter le malthusianisme. Les mines s'épuisent ? Oui. Mais plus les techniques humaines se raffinent et plus les matériaux nécessaires changent. Le fer émaillé de nos grands-mères a laissé place aux polymères et bientôt les nanotechnologies vont nous permettre de concocter des molécules inexistantes dans la nature. Je suis pour vérifier très sérieusement qu'on ne lâche pas des monstres avant tout passage à l'échelle industrielle mais pas pour la stagnation au niveau économique et technologique du XVIIIe siècle.
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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Blondin le Mer 21 Mar 2007 - 15:49

Le président tchèque Vaclav Klaus conteste le changement climatique
Agence France-Presse
Prague
Le président tchèque Vaclav Klaus a contesté avec virulence le soi-disant changement climatique et jugé les activités des défenseurs de l'environnement plus dangereuses que le communisme, dans une adresse destinée aux membres du Congrès américain et publiée mercredi par le Bureau de la présidence.

«Le communisme a été remplacé par la menace d'un environnementalisme ambitieux», écrit dans le texte le président tchèque qui a déjà évoqué ce thème lors de sa récente visite aux États-Unis.

Selon lui, les écologistes sèment la panique et cherchent à contraindre les législateurs à adopter des mesures non libérales arbitraires pour (...) soumettre les citoyens à une décision bureaucratique tout-puissante.

Son adresse devait être lue mercredi lors d'une audition publique du Congrès américain consacrée à la problématique du changement climatique, en contrepoint des opinions de l'ancien vice-président américain Al Gore, devenu un héraut de la lutte contre le réchauffement de la planète grâce au film Une vérité qui dérange, deux fois récompensé aux Oscars.



.

«Le raisonnement (des écologistes) s'appuie sur des observations historiquement courtes et incomplètes et sur des données qui ne peuvent nullement justifier des conclusions catastrophiques», écrit également le président tchèque.

Selon lui, les défenseurs de l'environnement ignorent intentionnellement le fait prouvé depuis longtemps que plus la société est riche, plus la qualité de l'environnement est grande.

Le point de vue de M. Klaus a suscité une polémique en République tchèque. Le chef des Verts et ministre de l'Environnement, Martin Bursik, a estimé mercredi que le président allait se ridiculiser et que son adresse porterait préjudice à son pays.
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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Peau d'âne le Mer 21 Mar 2007 - 18:19

Cher Monsier Blondin,
Les propos que vous rapportez de M.Klaus montrent que c'est un homme libre et intelligent. Il l'a d'ailleurs déjà montré.

Selon lui, les défenseurs de l'environnement ignorent intentionnellement le fait prouvé depuis longtemps que plus la société est riche, plus la qualité de l'environnement est grande.

C'est le cas en France, et même à Paris. J'ai lu, dans la décennie qui précède, qu'au jardin du Luxembourg on retrouvait certains champignons qui avaient disparus depuis plus d'un siècle pour cause de pollution. Or, que vous explique Air ParIF? Que quand il fait beau, que le soleil brille, le taux d'ozone monte dangereusement vers des limites inacceptables! Les taux qu'il faut considérer comme inacceptables ont été définis par quatre experts autoproclamés formant une commission ad hoc qui devaient rendre leur copie.

Je me souviens, il y a plus de cinquante ans, d'endroits où l'air était irrespirable, à cause du souffre contenu dans les boulets de charbons qui chauffaient les corons voisins. Qui utilise encore des boulets pour se chauffer? Existent-ils même encore? Savez-vous même ce que c'est?
Mais maintenant, avec le chauffage au gaz, au fuel, à l'uranium, l'air est de plus en plus respirable.

«Le raisonnement (des écologistes) s'appuie sur des observations historiquement courtes et incomplètes et sur des données qui ne peuvent nullement justifier des conclusions catastrophiques», écrit également le président tchèque.

Certes, mais l'important est de "justifier" des conclusions catastrophiques. Reprenez les précédents thèmes des écolopolitiques, (qui sont plus politiques qu'écolos), et voyez ce qu'ils sont devenus. Maintenant qu'ils sont tombés de modes, on n'en parle plus. Ni de la fin du monde que, tous, ils annonçaient comme prochaine. Comme Paco Rabanne.

Mais tout ceci n'est pas sans conséquences. Ici, nous payons maintenant nos billets d'avion plus cher pour nourrir ces messieurs; nos voitures comportent des pots d'échappement catalytiques pour éliminer des oxydes d'azote qui s'éliminent tout seuls, etc.

Le point de vue de M. Klaus a suscité une polémique en République tchèque. Le chef des Verts et ministre de l'Environnement, Martin Bursik, a estimé mercredi que le président allait se ridiculiser et que son adresse porterait préjudice à son pays.

Notez les arguments utilisés par ce monsieur pour expliquer qu'on lui casse la baraque!


Mais nous pourrions poursuivre longtemps sur ce thème.

Résonnablement vôtre,
Peau d'âne


P.S. N'oubliez-pas, vous qui habitez au Canada, de prévoir pour votre tombe une profondeur suffisante. Je vous rappelle que dans quinze cents ans, ça va commencer à geler, et que bientôt, vous aurez deux ou trois kilomètres de glace sur le ventre. Prenez donc vos précautions pour ne pas jouer les Ötzie!
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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par SPQR le Jeu 22 Mar 2007 - 0:16

Un lien utile pour éclairer la discussion http://www.institutmolinari.org/editos/20061005.htm
L'information méritait d'être relayée, mais le silence radio imposé dans les médias sur tout ce qui pourrait contredire le discours ambiant sur le réchauffement, est révélateur. Cette question est donc essentiellement politique, tandis que les (vrais) scientifiques sont dépossédés du sujet, soumis aux impératifs de l'idéologie, et condamnés à ne plus exercer le doute, pourtant essentiel dans tout raisonnement scientifique.
Le postulat de la cause anthropique au réchauffement est en effet l'occasion pour les politiciens de réglementer toujours plus et de restreindre nos libertés. De même, l'ONU et toutes les "élites" mondialistes saisiront le prétexte écologique qui pose un problème global pour enfin donner naissance à cette horreur totalitaire, le "gouvernement mondial", administré par une classe de super-bureaucrates parasites et ennemis des peuples. Al Gore, qui n'a plus d'avenir politique dans son pays après sa défaite électorale, l'a parfaitement compris et croit en une nouvelle carrière à l'échelle internationale. Mais le pire dans tout ça, c'est la diffusion de cette idéologie dans les écoles, les programmes scolaires, visant à créer chez les élèves un "homme nouveau" écologique, à l'esprit critique annihilé, et soumis à l'Etat au nom des intérêts supérieurs de la nature. Un monde de cauchemar en somme.
Relisons 1984.....

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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Guinevere le Jeu 22 Mar 2007 - 8:17

Comme j'ai largement traité ce thème dans mon blog, je me permets un brin d'auto-citation :

Les prophètes de la grande muraille (1)

Un ami d’ami m’appelle pour parler de la Z machine. Une seule chose le fascine : les armes potentielles et la possibilité qu’elles permettent le suicide de l’humanité entière. A chacun de mes arguments en faveur du futur, il m’oppose l’inébranlable certitude de la disparition de l’homme : « Mais enfin, vous êtes bien d’accord que l’on va droit dans le mur ? » Non, je ne suis pas d’accord. Mais de tels prophètes de la grande muraille, celle sur quoi viendrait s’écraser tout l’effort de connaissance et de civilisation que notre humanité a entrepris depuis au moins 40 000 ans et, si l’on tient compte des hominiens précédents, depuis la taille du premier chopper, fleurissent aujourd’hui non seulement dans les milieux écologistes où l’on a toujours connu une certaine détestation de notre propre espèce mais aussi chez des intellectuels ordinairement plus neutres et, plus inquiétant, dans la jeunesse.
L’argument clé, c’est le pic pétrolier. En 1956, le géophysicien de la Shell, King Hubbert, calcula que la production de pétrole aux Etats-Unis allait atteindre un sommet en 1970 puis inexorablement décroître. Ce « pic de Hubbert » correspond au moment où l’on a consommé la moitié des ressources disponibles. Sa prédiction se révéla exacte pour les réserves du sud des USA. Puis après le choc pétrolier purement politique de 1973, des gisements autrefois non rentables commencèrent d’intéresser les compagnies pétrolières, de nouvelles méthodes d’extraction virent le jour et, au lieu d’atteindre un pic mondial dans les années 70, on doubla, voire tripla les réserves disponibles. Et l’on recula donc d’autant le pic de Hubbert au niveau mondial. Aujourd’hui, Hugues de Jouvenel fait remarquer que deux écoles s’affrontent : « D’un côté figurent des économistes qui sont convaincus que, plus les prix s’élèveront, plus les réserves augmenteront grâce à la découverte de zones non encore explorées (zones polaires, eaux profondes), à l’exploitation de pétrole de nature non conventionnelle comme les huiles extralourdes de l’Orénoque ou les sables asphaltiques du Canada, sans parler ici des développements, grâce aux progrès scientifiques et techniques, de substituts aux hydrocarbures. De l’autre côté, des géologues qui rappellent que le pétrole est une ressource en quantité finie, dont les principales zones d’exploitation ont depuis longtemps été découvertes, et qui estiment que la production pétrolière conventionnelle pourra peut-être croître jusqu’en 2015 ou 2020 mais qu’elle atteindra alors un pic de production (aux alentours de 90 millions de barils par jour) puis qu’elle déclinera inexorablement par la suite » mais il faut aussi compter avec la demande croissante des pays émergents comme la Chine ou l’Inde. Hugues de Jouvenel alimente le pessimisme. Après avoir suggéré que, devant ces conditions, il y aura « des efforts pour modérer la consommation, d’autres pour développer des solutions alternatives », il les écarte inexorablement : « Peut-on pour autant espérer en l’espace de 10 ou 20 ans, même si les efforts s’intensifiaient, être au rendez-vous afin d’éviter non plus le choc des prix mais celui de la pénurie ? J’en doute fortement… »
Pour certains experts, le pic a déjà été atteint en 2000, ce qui donne une coloration plus sinistre à la flambée actuelle du prix du baril, nonobstant les bénéfices pharaoniques des compagnies pétrolières.
Jay Hanson résume la situation d’un slogan : No oil ? no economy ! Après avoir démontré que le pétrole est un bien meilleur pourvoyeur d’énergie que le charbon, il explique : « Bien que les économistes traitent l’énergie comme n’importe quelle autre ressource, ce n’est pas une ressource ordinaire. L’énergie disponible est la condition préalable pour toutes les ressources – y compris plus d’énergie ! (…) La dévotion des économistes au Dieu Marché, couplée à leur incapacité innée à comprendre la différence entre bibliothèque et pétrole va conduire à de nouvelles guerres et envoyer des milliards de personnes à la mort. Le prochain cycle de mort commencera quand le monde connaîtra un sévère effondrement pétrolier dans moins de dix ans (sans doute moins de cinq, peut-être encore moins). L’effondrement sera provoqué par une perturbation politique dans un ou plusieurs des pays producteurs, une réaction des musulmans contre l’amitié de l’Amérique avec Israël, une réduction de production de l’OPEC pour faire plus de profits ou simplement le naturel – et inévitable – pic de la production globale. Une fois l’effondrement venu, c’est trop tard. L’économie globale va tourner à l’enfer et la planification rationnelle sera remplacée par la gestion de crise. Avec la perte du pétrole, il n’y a rien qui permette de faire quoi que ce soit. L’effondrement pétrolier à venir est le secret le mieux gardé à Washington, Whitehall, Bruxelles et Jérusalem, mais ce n’est qu’une question de temps pour qu’on en parle dans la rue… »
Ce qui est souligné en italique l’a été par l’auteur. En gras, par moi.
Ce texte date de 1999. Nous sommes dans la fourchette de ses prévisions mais il semble qu’il ait confondu le pic pétrolier, lequel laisse disponible encore la moitié des réserves connues, avec l’effondrement final. La réaction des musulmans redoutée par Jay Hanson a pris d’autres formes, plus violentes, et c’est surtout la riposte de monsieur Bush qui stérilise tout ou partie des ressources irakiennes, amenant une pénurie temporaire mais garantissant de manière assez malthusienne une prolongation dans le temps des réserves ainsi « économisées ». Notons aussi qu’Hanson ne compare le pétrole qu’au charbon, sans même envisager d’autres modes de production énergétique comme le nucléaire ou l’hydroélectrique, sans un mot pour le gaz. C’est le pétrole ou rien. Cette dichotomie simpliste et la prévision de « milliards de morts » se retrouvent à l’identique sur la plupart des sites consacrés au pic pétrolier.
Hugues de Jouvenel enfonce le clou en janvier 2006, remarquant que les ressources fossiles sont « à l’évidence insuffisantes pour permettre la généralisation à tous les peuples du mode de vie des pays industrialisés », sans compter « la perturbation colossale qu’entraînerait du reste une telle généralisation vis-à-vis de l’écosystème et donc des conditions de vie sur Terre ». Les deux facteurs limitatifs qui forceront les pays émergents à se contenter d’une portion congrue et les pays disons du G8 pour faire court à revenir au cheval et à la bougie (de cire d’abeille) sont le pic pétrolier et l’effet de serre, plus bien entendu la croissance de la population mondiale.

Une rumeur a couru en 2003, reprise dans le chapeau de l’article que Dale Allen Pfeiffer a rédigé pour From the Wilderness : les réserves de pétrole seraient à 80% moins importantes que les chiffres annoncés par les pays producteurs et les compagnies pétrolières. La chose était d’autant plus inquiétante qu’on la retrouvait dans les pages du Jane’s Defence Weekly qui n’a pas pour habitude de propager des bobards. Cet article au titre volontairement provocateur (Manger des énergies fossiles), reprend presque à l’identique le raisonnement de Malthus : la population augmente mais comment augmenter en même temps la production de nourriture ? Au milieu d’un rappel historique de l’expansion puis de la mécanisation de l’agriculture, on trouve quelques réflexions de ce type, soulignées ainsi d’un bout à l’autre (j’ôte ce soulignement et je reprends mon code) : « A présent, les êtres humains se sont appropriés environ 40% des capacités photosynthétiques territoriales. Aux Etats-Unis, nous détournons plus de la moitié de l’énergie captée par photosynthèse. Nous avons absorbé tout le territoire réellement vierge de cette planète. Le reste de la nature est forcé de s’arranger avec les restes. C’est clairement un des facteurs décisifs d’extinction d’espèces et de pression sur l’écosystème. » Rien ne vous choque ? Alors, c’est que la propagande des bien-pensants vous a profondément atteint. A lire ce discours, il semble que nous soyons des extraterrestres venus coloniser et piller la Terre aux dépens de ses seuls habitants légitimes !
Il faut souligner aussi la fausseté de ce discours. En dehors du dodo trop chassé, les espèces qui auraient pu s’éteindre ont toutes fait l’objet de mesures de protection . Et l’on découvre encore aujourd’hui de nouvelles espèces, non seulement des insectes en Amazonie mais même des singes ! De plus, nos villes offrent une niche écologique tout à fait intéressante à nombre d’animaux qui deviennent ainsi nos commensaux c’est à dire, si l’on applique le même raisonnement, nos… pillards. Cela va du faucon au renard, en passant par une grande variété d’oiseaux et de petits mammifères.
Pfeiffer en vient ensuite à la révolution verte, terme qui désigne aux USA l’industrialisation de l’agriculture. Elle aurait augmenté de 250% la production céréalière, grâce « aux énergies fossiles sous forme de fertilisants (gaz naturel), de pesticides (pétrole) et d’irrigation fonctionnant aux hydrocarbures ». Il a oublié manifestement le moteur diesel des tracteurs ! Mais surtout « la révolution verte a augmenté l’énergie drainée vers l’agriculture en moyenne de 50 fois l’apport d’énergie de l’agriculture traditionnelle », et dans les cas extrêmes de 100 fois et plus. Suit le détail de la répartition dont « 31% pour la fabrication d’engrais inorganiques » (souligné). Suit encore le développement mathématique, toujours souligné, ce qui rend la lecture pénible et prépare le lecteur à s’horrifier. Reprenons en plus sobre : la production d’un kilo de nitrate d’ammonium demande une énergie équivalent à 1,4 à 1,8 litres de carburant diesel. D’où sort-il cette équivalence ? Mystère. Par contre, c’est du Fertilizer Institute qu’il tient qu’en un an, les USA ont utilisé environ 12 millions de tonnes d’engrais – qu’il convertit immédiatement en diesel, 15,3 milliards de litres soit 96,2 millions de barils. D’où il conclut : « En un sens vraiment réel, nous mangeons littéralement des énergies fossiles. » (souligné, bien entendu – et martelé).
Un petit détour par les lois de la thermodynamique lui permet d’affirmer que, dans le processus de transformation du pétrole en nourriture via l’agriculture, de l’énergie se perd obligatoirement . Et, horreur, « entre 1945 et 1994, l’énergie mise en entrée dans l’agriculture a augmenté de 4 points alors que le rendement des moissons n’a cru que de 3 points ». Conclusion : « la révolution verte fait banqueroute ».
Dans la suite de l’article, c’est l’ensemble de l’économie qu’il examine : « Avant la révolution industrielle, pratiquement 100% de l’énergie endosomatique ou exosomatique provenait du soleil. Les carburants fossiles représentent aujourd’hui 90% de l’énergie exosomatique utilisée aux Etats-Unis et dans les autres pays développés. » Suit un autre bilan énergétique tout aussi spécieux : « Giampietro et Pimentel ont trouvé que 10 kcal d’énergie exosomatique est nécessaire pour produire 1kcal de nourriture livrée au consommateur dans le système américain. Le système américain consomme dix fois plus d’énergie qu’il ne produit d’énergie-nourriture. Cette disparité est rendue possible par le stock d’énergie fossile non renouvelable. »
On l’a compris : si plus de pétrole, alors famine.
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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Guinevere le Jeu 22 Mar 2007 - 8:18

Suite :

Et si l’on utilise une autre forme d’énergie que le pétrole ? Tout ce raisonnement tient encore sur une dichotomie. Cette fois, le pétrole n’est pas comparé au charbon mais à l’énergie solaire transformée par la photosynthèse. Le vent et l’eau qui furent avec la domestication du bœuf, du cheval et de l’âne les grands moteurs de l’agriculture et de l’industrie d’avant la machine à vapeur n’apparaissent pas dans cette affaire. Le nucléaire n’a pas davantage d’existence.
L’eau va revenir dans le discours mais pour dire que l’agriculture industrielle la gaspille tout comme l’urbanisation et les routes gaspillent de la terre arable. Et durant encore quelques pages, Pfeiffer culpabilise les Américains en comparant leur consommation de tout et de n’importe quoi à « la moyenne du monde », avant de les laisser devant un triple choix : 1, réduire la population, ce qui signifie le contrôle des naissances, et c’est bien ennuyeux que la médecine allonge la longévité, sans parler des religions qui « refusent d’examiner les questions de gestion de la population ». Il en conclut : « Bien que ce soit probablement notre meilleur choix, il y a peu de chances qu’on choisisse cette option ». Mais 2, elle pourrait être imposée par la stérilisation forcée et l’eugénisme, sous la sanction de la loi . Enfin, le 3e choix « présente un indescriptible tableau de souffrance et de mort » avec la possibilité que « la civilisation ne puisse jamais revivre ». On retrouve les milliards de morts de Jay Hanton mais, alors qu’il les attribuait à des guerres, ce serait ici peut-être de faim, de froid, d’impossibilité de faire marcher les machines ou de décision divine. On ne sait pas exactement de quoi, d’ailleurs, sinon qu’il faut qu’un effondrement pétrolier se traduise par une quasi-extinction de l’homme.
Ce nouveau thème de la civilisation à jamais perdue se retrouve aussi tel quel dans les discours ultérieurs.

On retrouve tous ces topiques, accompagnés d’une description terrifiante de l’effondrement sur plusieurs sites en langue française tels qu’Oléocène, Décroissance soutenable, Oilcrash, et ce discours est répercuté dans les colonnes du Monde par le député Vert Yves Cochet. Oléocène trace un tableau déjà fort pessimiste : fin de la globalisation et retour à une économie locale de subsistance à cause du prix des transports, fin de l’industrie aéronautique, du tourisme international, les mégapoles construites en fonction de l’automobile deviendront inhabitables, décroissance forcée, crash boursier mondial, chômage explosif, émeutes, fin des rendements agricoles et donc famine. « Il est fort possible que plusieurs milliards d’humains meurent de faim dans un futur proche … » Avec ce morceau de bravoure qui devrait fortement amuser Poutine s’il lui arrive de lire les sites francophones : « L’ancienne URSS a connu son pic de production en 1987. Quatre ans plus tard, elle s’effondrait complètement. Bien sûr, on peut toujours dire que le communisme était inadapté et a fini par capituler devant le capitalisme triomphant. C’est peut-être le cas mais ce système a quand même tenu soixante-dix ans avant de s’en apercevoir. » La guerre d’Afghanistan bien dopée par la CIA, avec le déséquilibre budgétaire qu’elle a entraîné, n’y est évidemment pour rien – et que la Russie émergente soit redevenue une puissance du G8 en une petite quinzaine d’années grâce au pétrole et au gaz ne les effleure même pas. Pas plus que l’acharnement des compagnies pétrolières à exploiter les réserves de la Caspienne…
On retrouve le même ton sur le site Décroissance soutenable – avec une nuance difficile à rendre dans un commentaire, celle d’une jouissance suicidaire anticipée. Ce sont toujours les mêmes topiques, le même slogan implicite : Du pétrole, sinon rien ! On assiste encore à l’échec des énergies alternatives, à la mort de milliards d’hommes, à l’effondrement sans retour de toute civilisation. Un argumentaire second vient renforcer la prophétie d’une justification morale. Car si, par miracle, on parvenait à maintenir un certain degré de civilisation industrielle, alors on entretiendrait le réchauffement climatique, forcément linéaire et indéfini. Donc, c’est bien de crever en masse et de redevenir des singes dans les branches que notre espèce n’aurait jamais dû quitter pour rester au niveau des autres animaux. Il y a dans cette jouissance de mort quelque relent nauséabond de l’augustinisme, de la punition méritée du péché originel – mais ce péché n’est plus la désobéissance à un arbitraire divin , il ne s’agit même pas d’avoir transgressé la loi naturelle puisque nous sommes les fruits de l’évolution darwinienne, il reste vague, non défini, on ne sait pas très bien si nous sommes coupables d’avoir créé la civilisation ou simplement coupables d’être .
Le ton est très souvent religieux. L.F. Ivanhoe parle de « l’inévitable jour du jugement dernier » suivi d’une « implosion économique ». Christophe Vieren citant Hubert Reeves déclare que « l’humanité serait menacée par ses propres activités économiques », lesquelles induisent, entre autres menaces, « épuisement des ressources naturelles, bouleversement des conditions climatiques, augmentation des radiations nocives », menaces qui « ont pour cause l’explosion démographique et un développement économique basé sur le très court terme ».
Les plus hargneux de cette brochette de prophètes opposent un déni méprisant à toute tentative de franchir l’obstacle par le haut et non par l’effondrement et l’extinction de l’humanité. L’espoir de résoudre le problème par la technologie, échappant ainsi au châtiment implicite qu’ils appellent de leurs vœux ne serait qu’un « culte du cargo », un mythe naïf. Francis de Winter qui propose cette métaphore offre tout de même une échappatoire, le recours à l’énergie solaire dont il est un spécialiste, sans voir apparemment qu’il s’agit encore de technologie.

Quelques auteurs commencent heureusement à prendre la mesure du problème posé par ce que Vaclav Smil nomme le « culte du catastrophisme ». Il accuse ses apôtres d’avoir « recours à des arguments délibérément alarmistes mélangeant les faits incontestables avec des caricatures de réalités complexes et ignorant tout ce qui ne correspond pas à leurs conclusions préconçues pour pouvoir publier leurs articles nécrologiques de la civilisation moderne ». Smil fait remarquer que « la crainte d’un déclin imminent de l’extraction des ressources remonte à 1865 avec l’économiste victorien William Stanley Jevons (1835-1882) qui avait conclu que le déclin de la production du charbon allait marquer la fin de la grandeur nationale britannique et qu’il était ‘bien entendu… inutile de penser trouver un quelconque carburant de substitution au charbon.’ »
Tout comme la fin du monde chez les Témoins de Jehovah et autres Adventistes, la date estimée du pic mondial a reculé au cours du temps. Hubbert, après son premier succès sur le pic local de 1970, le proposait entre 1993 et 2000 ; en 1977, les partisans des énergies alternatives le situaient entre 1994 et 1997 ; en 79, la CIA le voyait même dans la décennie et BP parlait d’un pic en 1985, la production de l’an 2000 n’étant plus que de 25% du maximum alors atteint ; Campbell l’a d’abord situé en 1989, Ivanhoe en 2000, Deffeye pour 2003 puis 2005.
Smil, après avoir commenté ces dates mouvantes et les désaccords entre géologues, a cette remarque de bon sens : « Même si les dernières ressources mondiales étaient connues à la perfection, on ne pourrait pas tracer une courbe de la production mondiale sans connaître la demande future de pétrole. Nous ne pouvons pas déterminer la demande dans la mesure où elle est influencée, comme par le passé, par les avancées techniques imprévisibles. » Il ajoute qu’une « augmentation rapide des prix du pétrole ne conduirait pas à une demande incontrôlée pour les réserves restantes mais accélérerait la transition vers d’autres sources d’énergie ». Il en fait une liste intéressante, pétrole non-conventionnel, gaz naturel, méthane de houille, méthane hydraté, cellules photovoltaïques, éoliennes, fission nucléaire. Il suggère que la transition prendra quelques décennies mais « les avantages potentiels sont immenses ».
Notant que « l’obsession récente d’un pic pétrolier imminent porte tous les signes d’un culte catastrophiste apocalyptique », ce sur quoi nous sommes bien d’accord, il rappelle que « les transitions énergétiques – de la biomasse au charbon, du charbon au pétrole, du pétrole au gaz naturel, de l’utilisation directe du combustible à l’électricité – ont toujours stimulé les avancées technologiques et l’inventivité humaine. » Cela ne va pas sans réorganisations d’infrastructures, bouleversements sociaux et dépenses monétaires mais, à la sortie, engendre « des économies plus riches et plus productives ». A cette conclusion bien américaine, il faudrait ajouter à terme un formidable enrichissement culturel du peuple et pas seulement des élites. Pensons que le CD a mis à la portée de tous les trésors musicaux autrefois réservés à ceux qui pouvaient fréquenter l’opéra ou les grandes salles de concert ; que la photographie couleur a permis à chacun d’accéder aux œuvres d’art de tous les musées, au moins en reproduction.

La transition dont parle Smil pourrait être largement facilitée par la Z machine puisque le procédé est adaptable à la fois à la production d’électricité (projet Z-IFE) et au transport aérien ou maritime rapide (mais pas à la voiture familiale, pour laquelle la batterie électrique ou les biocarburants sont à terme une meilleure option).
Encore faut-il la volonté d’opérer cette transition. C’est à dire, fondamentalement, l’envie de vivre, l’enthousiasme vis à vis de l’avenir. Il semble que les pays émergents comme la Chine ou l’Inde cultivent cette foi et peut-être la Russie qui se relève d’un écrasement économique de grande ampleur ; mais en France comme dans les pays anglo-saxons, les prophètes de la grande muraille et autres déclinologues entretiennent une morosité sans espérance et se repaissent de la catastrophe malthusienne qu’ils annoncent. Si ce n’est la mort de l’homme, du moins nous prêche-t-on à coup de repentances tout aussi moroses et suicidaires la fin du « fardeau de l’homme blanc » comme auraient dit nos arrière-grands-pères, ce qui implique à la fois la fin de la civilisation industrielle, du christianisme et de la démocratie. Au mieux, on souhaite une retraite pantouflarde à la campagne ; au pire, le châtiment ou la conversion destructrice des descendants de soi-disant coupables historiques.
Comment diable nos élites pensantes en sont-elles arrivées là ?
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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Guinevere le Jeu 22 Mar 2007 - 8:25

Suite :

Les prophètes de la grande muraille (2)

L’attitude malthusienne n’est pas nouvelle puisque Malthus lui-même (1766-1834) dès la fin du XVIIIe siècle prônait le contrôle des naissances par le célibat volontaire pour réduire la population et la maintenir à un niveau acceptable par rapport aux ressources agricoles. Ce qui m’étonne et me pose vraiment question, c’est que ce raisonnement revienne de manière récurrente alors même qu’il a été et qu’il est encore à chaque fois infirmé par les faits. Quand une idéologie se maintient ainsi hors de toute raison, c’est qu’elle s’adosse à autre chose en l’homme, qu’elle mobilise un désir profond ou son corollaire, une peur élémentaire, et qu’elle s’exprime en termes mythiques. Il n’est pas inutile de se demander quels sont alors les mythèmes ou les images puissantes qui déclenchent en réponse une telle aspiration au suicide collectif.
Gilbert Durand, dans sa remarquable étude des structures de l’imaginaire, note que « pour le tout jeune enfant, comme pour l’animal, l’inquiétude est provoquée par le mouvement rapide et indiscipliné. Tout animal sauvage, oiseau, poisson ou insecte, est plus sensible au mouvement qu’à la présence formelle ou matérielle ». C’est ce que Konrad Lorentz a mis en évidence avec le phénomène de l’empreinte : l’oisillon s’attache au premier être qui bouge devant lui au moment de l’éclosion . Mais lorsque le mouvement « anarchique » atteint le stade du fourmillement ou du grouillement larvaire, il « cerne d’une aura péjorative la multiplicité qui s’agite ». Durand rapproche ce mouvement que nous pourrions appeler brownien de l’archétype du chaos, à partir d’une remarque de Bachelard : « Il n’y a pas dans la littérature un seul chaos immobile …et au XVIIe siècle on voit le mot chaos orthographié cahot . » Un détour par les représentations de l’enfer chez Jérôme Bosch, Brueghel ou la fresque de la chapelle Sixtine permet alors à Durand ce diagnostic : « Le schème de l’animation accélérée qu’est l’agitation fourmillante, grouillante ou chaotique, semble être une projection assimilatrice de l’angoisse devant le changement, l’adaptation animale ne faisant dans la fuite que compenser un changement brusque par un autre changement brusque . » Il le rapproche des expériences douloureuses du nourrisson : naissance, manipulations brusques par les adultes, plus tard sevrage. Le choix des œuvres qu’il évoque pourrait orienter vers une autre expérience du changement, plus collective et sociologique, puisque la chapelle Sixtine est une commande de Sixte IV, pape de 1471 à 1484, que Bosch a vécu de 1462 à 1516 et Brueghel le Jeune (ou d’Enfer) de 1564 à 1637. On voit à ces dates qu’elles s’inscrivent dans la période de transition ouverte par la chute de Constantinople et l’expansion turque, période qui verra aussi bien les chatoyances artistiques de la Renaissance que les débuts de la science expérimentale, les grandes explorations, la colonisation de l’Amérique, la Réforme et les guerres qui s’ensuivent, le triomphe des marchands et des banquiers sur la noblesse d’épée, des rois sur le principe d’empire, le refroidissement climatique, des famines, des épidémies, la grand peur du sorcier… Une période qui commence en musique et s’achève aisément en cauchemar à l’ouest de l’Europe et, pour la région centrale et orientale au sud de l’Autriche, marque la perte de toute indépendance sous les conquêtes de Soliman II « le Magnifique ». Aujourd’hui, ce grouillement chaotique pourrait être l’expérience de la ville, de la foule ordinaire que rien n’aimante, où chacun vaque à ses affaires, foule entassée dans le métro aux heures de pointe, pressée dans les grandes surfaces le samedi, foule au mouvement aléatoire sur les places et les trottoirs. Il serait intéressant de savoir à quel âge les prophètes de la grande muraille ont connu la grande ville.
Dans la même famille d’images liées au changement perçu comme négatif, à l’expérience mortifère du temps, il n’est pas anodin que Gilbert Durand ait pu rattacher l’eau sombre , l’eau noire, celle où l’on se noie, l’abîme maritime où, pour Victor Hugo, les larves « vaquent aux farouches occupations de l’ombre » On voit immédiatement la parenté dans l’imaginaire angoissé de cette fantasmatique eau du Styx ou de l’Achéron avec la perception concrète qu’on a du pétrole brut, ce liquide visqueux que l’on tire des infernalia, des profondeurs de dessous terre, de plus liquide à l’odeur désagréable ; la même thématique a pu jouer pour le charbon, pierre noire arrachée dans les mines, autre analogon de l’enfer, par des hommes lémures, grouillant dans la pénombre et luisant de sueur par endroits. Nous sommes sans conteste dans le versant négatif de ce que Durand appelle le régime diurne de l’image, l’opposition manichéenne et polémique du pur et de l’impur, de la lumière et des ténèbres, du bien et du mal, opposition liée à l’expérience du temps. Il semble encore exprimer l’angoisse du changement collectif. Quand William Stanley Jevons (1835-1882), comme le fait remarquer Vaclav Smil, jette en 1865 son cri d’alarme quant au pic charbonnier, la querelle du darwinisme bat son plein et c’est toute la weltanschauung de la société anglo-saxonne qu’elle vient bouleverser en même temps que s’opère la seconde révolution industrielle, le passage de la vapeur à l’électricité.
Cette angoisse du changement qui nourrit les images liées à « la face obscure de la Force », atteint aujourd’hui un paroxysme. Les Malthus ou les Jevons restaient très minoritaires en leur temps et ne réunissaient qu’un nombre ridicule de partisans. Les actuels prophètes de la grande muraille semblent avoir une audience beaucoup plus forte, du moins en Europe ainsi qu’au Canada. Il n’est pas impossible que ce pessimisme soit alimenté par des manipulateurs professionnels au service d’intérêts étrangers, ce serait de bonne guerre économique pour ôter tout dynamisme à l’Europe , mais même le meilleur propagandiste ne peut pas faire surgir une mentalité collective comme un lapin du chapeau de l’illusionniste. On peut pousser sur la pente s’il existe une pente, augmenter la peur si elle a commencé de s’exprimer, mais un thème totalement en dehors de l’air du temps n’a aucune chance de prendre.

On pourrait évidemment tenter d’expliquer le succès relatif des prophètes de la grande muraille par l’un ou l’autre des déséquilibres qui affectent notre société, qu’il s’agisse de la pyramide des âges, des zones déculturées et violentes de nos banlieues, du chômage, des délocalisations et autres maux du siècle. L’ennui, c’est que les apaches de la Belle Epoque tout au long de la petite ceinture valaient bien les jeunes de banlieue de notre temps, que leurs bandes contrôlaient aussi des zones de non droit et qu’il en allait de même aux XVIIe et XVIIIe siècles avec la cour des miracles. L’ennui, c’est qu’il y eut des pestes puis la tuberculose quand nous avons le SIDA, que la pyramide des âges a toujours souffert des guerres et des retours à la paix et qu’elle n’a cessé d’alterner périodes de vieillissement global et périodes d’explosion de jeunesse. On est toujours fasciné par les souffrances et les défis de son propre temps mais l’historien ne leur accordera pas une valeur si explicative.
Nous ne savons même pas si la surrection d’une constellation mythique, ce que Gilbert Durand nommait un bassin sémantique , est le symptôme ou le moteur d’un comportement collectif. Du moins pouvons nous repérer abandons et émergences. Et ce que nous pouvons faire avec assez de sûreté, c’est compléter la constellation potentielle et voir ce qui, dans le réel, pourrait lui correspondre. Il ne s’agit pas d’un exercice vain. Une des observations intéressantes de Claude Lévi-Strauss et qui reste d’actualité, c’est qu’un mythe actif ne disparaît jamais. Quand il s’affaiblit et cesse d’alimenter la croyance d’une société, il ne tarde pas à reparaître mais inversé dans ses valeurs : les « bons » de l’histoire deviennent les « méchants » et vice-versa. Nous avons assisté entre 1980 et 1985 à ce processus de retournement quant à la représentation sociale de l’extraterrestre : d’abord figure de sauveur potentiel ou, du moins, de sage représentant de l’évolution future , il s’épuise après la sortie du film de Spielberg, Rencontres du troisième type, qui le replace clairement dans l’imaginaire, puis s’inverse aux Etats-Unis avec les mutilations animales, les histoires d’enlèvements, de grossesses interrompues, de pacte signé par Truman et des souterrains de la zone 51 où les Greys font la loi. Lorsqu’une fixation de l’imaginaire devient aussi ouvertement suicidaire que celle des apôtres du pic pétrolier, il pourrait être intéressant d’en explorer les variantes afin de trouver, comme en thérapie individuelle, une autre fin, plus satisfaisante, à l’histoire ; et récupérer ainsi pour un surcroît de vie l’énergie qui s’épuise dans l’anxiété.

On peut comprendre que l’angoisse du changement amène à situer l’âge d’or dans le passé, un passé par ailleurs indéfini. Nous serions alors dans une nouvelle inversion de la vision mythique du temps linéaire. La foi prométhéenne dans le progrès qui avait fleuri principalement au XIXe siècle, engendré entre autres l’utopie marxiste et, après Darwin et les découvertes de la paléontologie humaine, la tentation eugéniste, s’est brisée sur trois chocs dont les occurrences ont rythmé le XXe siècle : l’emploi des gaz lors de la première guerre mondiale fit prendre conscience que la science forgeait en fait l’épée en même temps que la charrue et qu’elle ne dispensait pas d’une éthique ; la bombe A lancée sur Hiroshima puis Nagasaki a suggéré que l’humanité pouvait entièrement disparaître en tant qu’espèce, au delà de la mort individuelle ou du déclin des civilisations ; l’excursion de Tchernobyl a montré qu’une telle disparition pouvait venir de causes accidentelles. Il est frappant que le marxisme a cessé de faire recette parmi les intellectuels européens juste après Tchernobyl et que c’est également l’époque où l’on a vu surgir l’expression « post-moderne » comme un déni de modernité, c’est à dire de progrès . Ce mythe prométhéen eut en fait plusieurs variantes. Certaines faisaient une synthèse avec l’eschatologie chrétienne ou même germano-scandinave pour annoncer la fin de l’histoire et l’instauration d’une ère de progrès technique indéfini couplée avec une stase sociale née de la surabondance : c’était entre autres la vulgate du marxisme. On peut évoquer aussi une sortie de l’histoire, cette fois informationnelle et mystique, avec la noosphère de Teilhard de Chardin. En dehors de ces visions extrêmes, le progrès se confondait avec la civilisation et avec l’histoire elle-même, une histoire indéfinie, continuée du moins tant que l’univers offrirait de l’énergie pour maintenir la vie.
L’inversion malthusienne actuelle comporte aussi plusieurs variantes mais s’appuie toujours sur un maître mot apparu dans les années 70 après la publication du rapport dit du Club de Rome, en fait des études commandées au MIT, croissance zéro. Ce rapport Meadow de 1972, moins catastrophiste que ce qu’on lui fait dire, prévoyait un effondrement économique et démographique irrémédiable vers 2100 selon plusieurs scénarii : 1, épuisement des ressources non renouvelables, énergie comprise ; 2, pollution extrême raréfiant les ressources alimentaires ; 3, dégradation des sols, qui conduit à la même famine généralisée ; 4, si la productivité agricole demeure et s’accroît, l’industrie en fera autant donc retour à la pollution ; 5, le contrôle démographique recule seulement de quelques années l’effondrement. L’intérêt de ce rapport réside surtout en ce qu’il prenait l’activité humaine comme un système et qu’il tenait compte de boucles de rétroaction au lieu de prolonger bêtement et linéairement les tendances. Toutefois, il souffre des mêmes défauts que toutes les études de futurologie, l’incapacité à prévoir l’irruption du nouveau.
Mais la limite posée par le Club de Rome ne s’intéressait qu’à l’homme, son activité et ses besoins. A la suite du roumain Nicholas Georgescu-Roegen, les actuels prophètes de la grande muraille veulent tenir compte de l’ensemble de l’écosystème et s’appuient explicitement sur l’hypothèse Gaïa. Jacques Grinevald, résumant la théorie de Georgescu-Roegen, écrit par exemple : « La crise écologique planétaire qui s'annonce depuis une bonne vingtaine d'années affecte de proche en proche tous les secteurs de notre civilisation industrielle en expansion. Il ne s'agit pas seulement de pollution et de dégradation de l'environnement ! L'économie dans son aspect biophysique, c'est-à-dire le processus de production, de distribution et d'élimination des ressources naturelles, ne fait pas exception. Il relie le métabolisme industriel de la société humaine à la biogéochimie de notre planète. L'évolution des sciences de la nature depuis Carnot et Darwin, c'est-à-dire depuis la thermodynamique et l'évolutionnisme, ne permet plus de séparer le vivant et l'environnement terrestre. Il s'agit d'une coévolution, l'évolution biologique est en interaction réciproque avec les changements de l'environnement planétaire. On redécouvre ainsi l'unité du vaste système écologique dynamique qu'on doit nommer, à la suite des travaux pionniers du savant russe Vladimir Vernadsky (1863-1945), la Biosphère, et que certains, de nos jours, nomment Gaïa. » Quant à la crise écologique qu’il dénonce ainsi, elle vient, évidemment, du « développement économique international, accéléré par l'expansion démographique humaine et l'évolution des techniques » Il ajoute : « Cependant l'occidentalisation et la militarisation de la planète masquent pour l'instant la faillite du modèle industriel de l'Occident. » Car « la science économique usuelle est pré-thermodynamique, pré-évolutive et pré-écologique . »
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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Guinevere le Jeu 22 Mar 2007 - 8:29

Suite et fin :

Les disciples de Georgescu-Roegen caressent l’utopie de la décroissance soutenable, d’un monde édénique pré ou post-industriel ou, du moins, à industries choisies et régulées, où la vie intellectuelle, culturelle et conviviale remplacerait la consommation des objets. C’est encore une forme douce de sortie de l’histoire sur le modèle de l’enfance ou d’une sage vieillesse rurale. C’est la comté des Hobbits ramenée à son état premier et intemporel par Merry et Pippin après l’absurde épisode industriel de Saroumane . L’âge d’or se situerait alors dans un XVIIIe siècle idéalisé .
Les plus radicaux des prophètes de la grande muraille ont conscience du caractère utopique et uchronique de ce rêve campagnard. Vincent Cheynet pose brutalement la question : « Sauverons nous le monde ? Veuillez m’excuser, mais j’en doute fort. Nous le savons, le défi écologique auquel est confrontée l’humanité est gigantesque, tant par son échelle que par sa complexité. Personnellement, ce défi me paraît tellement énorme que j’aurais du mal à ne pas considérer comme potentiellement dangereuse toute personne, ou groupe, qui prétendrait sauver l’humanité de la catastrophe annoncée . » Il ne lui reste plus alors qu’à subordonner l’écologie à l’humanisme, c’est à dire à la décroissance conviviale. La sortie de l’histoire n’est peut-être que temporaire mais du moins l’humanité connaîtrait un temps de bonheur avant l’inéluctable fin. Notons au passage que ce rêve « écologique » fait preuve d’un pessimisme étonnant envers les capacités d’adaptation de la vie. La crise n’existe que parce que l’on veut une écologie elle aussi figée et sortie de l’histoire, de son histoire évolutive. J’écoutais ce dimanche matin la radio d’une oreille un peu distraite et en zappant, ce qui m’empêche de référencer le poste ou l’auteur mais il s’agissait d’un universitaire connu. Il parlait des papillons et de leurs capacités de mimétisme défensif. L’un d’eux, blanc et vert à l’origine, imitait l’écorce des bouleaux. Lorsque les activités humaines ont déversé des suies dans l’atmosphère, les troncs des bouleaux ont noirci dans nos villes ; le papillon en question en a fait autant. Avec l’abandon du charbon comme moyen de chauffage, les bouleaux retrouvent leur aspect initial. Et le papillon ? Lui aussi, bien sûr .
Reste enfin l’inversion absolue et suicidaire. Elle s’appuie en France sur l’ouvrage d’Yves Paccalet, L’humanité disparaîtra, bon débarras ! qui bénéficie d’un étonnant soutien de presse. Chez lui, la jouissance de la mort annoncée est à son paroxysme : « Je vois venir ma mort avec délectation ». On n’est pas plus clair. Il est intéressant de noter les métaphores qu’il emploie pour étendre cette jouissance anticipée à l’ensemble de l’espèce humaine et qui rentrent dans la thématique du grouillement étudiée par Gilbert Durand. Yves Paccalet accuse ainsi la pulsion sexuelle qui « nous incite à nous multiplier comme le font aussi les poux, les cafards, les rats ». « Pour la conscience commune, tout insecte et toute vermine est larve », commentait Durand qui ajoutait d’après Bachelard que « le ver est une image terrifiante » et que « le serpent, lorsqu’il n’est considéré que comme mouvement serpentant, c’est à dire comme fugace dynamisme, implique lui aussi une discursivité répugnante qui rejoint celle des petits mammifères rapides, souris et rats . » Que l’homme soit le seul être vivant capable de maîtriser sa pulsion sexuelle comme l’ont prouvé depuis des siècles les ascètes au moins temporaires, des chamans aux moines chrétiens en passant par les pratiquants bouddhistes ou les yogis n’effleure même pas Paccalet. Aucune culture, aucune religion n’ignore l’ascèse, ne serait-ce que comme purification rituelle cyclique, pas même la nôtre à ses marges. Entre autres amabilités comme de considérer tout homme comme nazi (toujours pour son incontinence sexuelle, ce qui laisse assez perplexe) ou comme une espèce jetable à l’instar de sa civilisation, il considère l’humanité comme le cancer de la Terre.
Il y a chez Paccalet comme un redoublement du péché originel puisqu’il remarque assez justement que l’homme diffère des animaux par le développement de son cerveau, cortex et néo-cortex, au delà du cerveau reptilien . Et nous avons vu son insistance sur la sexualité, telle qu’il semble confondre l’homme avec le Bolot occidental de Claire Bretécher. Or autant les premiers siècles de notre ère ont eu tendance, tant chez les philosophes païens que chez les chrétiens, à voir dans la sexualité l’organe même du mal et de la chute, autant depuis les années 1970, avec la psychologie transpersonnelle, l’essor du new age et la découverte du bouddhisme et des techniques de méditation, c’est dans l’usage rationnel du cerveau que l’on tendait à situer la faute aliénante. Paccalet associe les deux, sûr ainsi que rien ne sera sauvable.
Ce pessimisme radical n’est pas nouveau puisque le romancier J. B. Priestley écrivit juste avant la seconde guerre mondiale un roman assez étonnant, The doomsday men, où une poignée de fanatiques dont un astrologue chef de secte et un physicien atomiste envisagent sérieusement de faire sauter la Terre hors de son orbite. Priestley anticipe les suicides collectifs du type Guyana ou Temple Solaire (il est même question de revivre sur Sirius) et la découverte du plutonium. Mais le plus étonnant, ce sont les motivations de ces hommes qui s’arrogent le droit de déclencher la fin du monde, telles que les décrit l’héroïne, Andrea, au jeune homme qui l’aime et qu’elle a tenté de décourager :
« – Malcolm ! (…) pourquoi tout est-il si beau ici ? pourquoi ?
Il la regarda, étonné, car il ne comprenait pas le sens de cette étrange question.
– Ne le sais-tu pas ? reprit-elle, frémissante. Parce que ceci est encore le vrai visage du monde, le ciel, le soleil, les rochers et la terre, et parce que les hommes n’ont pas encore eu l’occasion de le salir.
– Crois-tu que les hommes salissent le monde ? demanda Malcolm avec étonnement.
– Oui. Regarde tout autour de toi et pense ensuite au monde des hommes, à Londres avec ses millions d’habitants, à New York, à Chicago où ils vivent entassés, criant, se querellant, se réjouissant au fond d’eux-mêmes de leurs actes mesquins et égoïstes, prêts à tout instant à s’entretuer. Plus il y a d’hommes réunis dans un même endroit, plus ils deviennent mauvais. Il y a longtemps, quand le monde n’était pas encore peuplé comme de nos jours, il existait peut-être encore des milliers d’endroits comme celui-ci : en ce temps là tout était beau et bon. Mais maintenant il naît toujours plus d’hommes ; il se passe des choses horribles, effroyables et il ne reste plus grand chose de bon . »
Les deux héros contemplent alors la région la plus désertique des Etats-Unis, la Vallée de la Mort. Priestley n’a pas choisi le site « pur » au hasard.
Le sentiment que l’humanité grouille et, ainsi, contribue à l’impureté du monde, semble accompagner d’autres époques d’urbanisation. Il existe une évidente parenté entre les actuels prophètes de la grande muraille et les gnostiques des trois premiers siècles de notre ère, ces siècles dont Dodds a pu dire qu’ils étaient aussi « un âge d’angoisse ».

Je n'ai pas pu récupérer les notes, mais vous pouvez toujours cliquer sur le bouton www si ma prose vous a intéressés.
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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Peau d'âne le Jeu 22 Mar 2007 - 23:23

Gente dame Guinevère,

Votre texte est très instructif et très intéressant, mais trop riche pour qu'on puisse facilement le commenter.

Je me bornerai donc ici à quelques réflexions sur le seul pétrole.

Dans Pour la Science 247 de mai 1998, dans un article intitulé La fin du pétrole bon marché, Colin Campbell et Jean Laherrère utilisaient une méthode novatrice et critique pour évaluer les réserves, y compris à trouver. Il en déduisaient un pic de production pour nos années ou la prochaine decennie.

Mais ce pic de production de marquera pas la fin du monde. Le pétrole cessera simplement d'être l'énergie de référence.

Pour l'électricité, le nucléaire est déjà rentable; les surrégénérateurs pourraient le devenir.

Le charbon n'est pas très loin. Les schistes bitumineux sont près à les secourir.

Les éoliennes sont folkloriques, n'étant ni compétitives, ni suffisament puissantes. C'est pourtant elles que les écolos cherchent à nous imposer via la commission de Bruxelles.

Il n'en est pas de même du solaire, sous toutes ses formes. Le solaire tel que vu il y a trente ans redeviendrait vite rentable. Les "biocarburants" le seraient, sans artifice fiscal, pour un prix de pétrole de 150 à 200 $ le baril.

Mais quand les paysans feront marcher leur tracteur au colza ou au tournesol, ce ne sera pas sans autres conséquences. L'une des causes de la surproduction agricole que nous connaissons depuis cinquante ans vient du remplacement du moteur à avoine par le moteur à pétrole. Et l'avoine exigeait le tiers des emblavures.

A celà s'ajouteraient les nouvelles techniques, comme les hydrates de méthane ou la fusion, si du moins la Z.machine justifie les espoirs que vous placez en elle.

Mais, sans que ce soit l'apocalypse, ces hausses de prix auraient des conséquences lourdes. L'un des facteurs importants d'amélioration du niveau de vie tient à la baisse des prix de l'énergie. Leur hausse entraînera une stagnation, voire un recul.

En France, compte tenu du poids du socialisme, le problème sera encore plus aigu. Voyez seulement que la crise temporaire de 1973 n'a toujours pas été surmontée!

Et vous pouvez constater avec quelle constance nos dirigeants, nationaux et eurocrates, ont évité de traiter les vrais problèmes!
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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Peau d'âne le Ven 23 Mar 2007 - 0:01

Ave SPQR!
SPQR a écrit: Cette question est donc essentiellement politique, tandis que les (vrais) scientifiques sont dépossédés du sujet, soumis aux impératifs de l'idéologie, et condamnés à ne plus exercer le doute, pourtant essentiel dans tout raisonnement scientifique.

Mais n'oubliez pas une chose: les vrais scientifiques ont quelques problèmes récurrents, très terre-à-terre, comme trouver des crédits pour poursuivre et étendre leurs recherches. Et, pour ce faire, il vaut mieux jouer de l'inquiétude que la calmer. J'ai pu le constater, sur ce sujet, quand la mode en a commencé.
Et je ne saurais les critiquer: il y a encore tant à trouver! Et tout ce qui est trouvé maintenant est toujours ça de fait, même si les raisons qui ont permis aux crédits d'être débloqués ne sont pas très pures.
Quand à l'opposition frontale... Souvenez-vous de ce professeur de la Forêt noire qui, aux belles heures des pluies acides, avait osé dire publiquement dans un congrès que la cause des dépérissements constatés était peut-être bactérienne. Il a été tellement matraqué par la grande presse qu'après trois jours il a dû aller à Canossa.
Cela donne à réfléchir, quand on dirige un laboratoire, non?
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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par SPQR le Ven 23 Mar 2007 - 0:23

Ave peau d'âne
je suis pleinement d'accord avec vous, et l'exemple de Météo France, qui ne vit que des crédits publics, confirme ce que vous écrivez.
Votre intervention me fait simplement dire que les scientifiques, aussi honnêtes soient-ils, devraient toujours se méfier dès lors que les politiques mettent leur nez dans leurs travaux. Maintenant, certains d'entre eux sont aussi des carrièristes prêts à tous les compromis....

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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Invité le Ven 23 Mar 2007 - 1:05

On pourrait aussi relever la parenté entre ces théories catastrophistes écologiques et ce qui tient souvent lieu de pensée économique aux mêmes. Ils voient la richesse comme un tout fini, une sorte de trésor entassé et cadenassé : le problème est alors non de l'accroître, mais de le répartir, de réguler son usage, de trouver une solution harmoniste. De la même manière, leur nature mythique est une sorte de trésor fini de matières premières et de produits agricoles où l'on puise et que l'on va épuiser : il faudrait alors trouver là aussi les répartition justes, les régulations nécessaires, les harmonies "durables".

L'idée que l'on va, les problèmes se produisant, créer, trouver des solutions, innover, leur paraît étrangère. Et que cela puisse se faire sans plan directeur (et sans doute même ne puisse se faire que sans plan directeur) leur semble encore plus étrangère.

Économiquement comme écologiquement, ils cultivent des pénuries.

Et pour tout dire, mis à part peut-être chez les plus fanatiques, je ne suis pas sûr que ce soit une culture tout à fait désintéressée. Elle paraît même pour les plus médiatiques d'entre eux d'un rapport certain.

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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Rantanplan le Ven 23 Mar 2007 - 4:11

La conception de l'homme comme étranger à la nature, et la détruisant, est inséparable de l'incapacité à admettre que toute richesse est créée :
l'une et l'autre proviennent d'un matérialisme incapable de comprendre que l'histoire de l'univers, à commencer par l'histoire humaine, est une succession de nouveautés authentiques, et que toutes les richesses font partie de ces nouveautés-là.

Avec leur idée d'une richesse fixe, les riches ont forcément pris à d'autres ce qu'ils ont, et si ce n'est pas aux pauvres d'hier, c'est aux générations à venir, qu'ils sont censés vouloir réduire à la misère.
Le fait que les riches — mis à part les hommes de l'Etat qui s'enrichissent par le vol —  le sont parce qu'ils sont les plus productifs, est incompatible avec cette vision du monde.

Celle-ci est un produit de l'erreur scientiste, qui consiste à méconnaître que la méthode scientifique repose non pas sur un présupposé mais sur deux à propos de la causalité.

Le présupposé qu'ils reconnaissent, sans lequel il ne peut pas y avoir de science expérimentale théorique, c'est que la nature est soumise à des lois constantes ; qu'aucune source de causalité réellement nouvelle n'apparaît dans les systèmes qu'étudie la science expérimentale — sinon on ne pourrait jamais en établir les lois.

Le présupposé qu'ils méconnaissent, en revanche, c'est que les expérimentateurs eux-mêmes ne peuvent pas eux-mêmes être entièrement déterminés par les lois naturelles : parce que par définition de leur discipline, les savants peuvent apprendre, inventer et adopter des idées nouvelles, changer d'avis ; et les soi-disant savants ont d'autant moins d'excuses pour méconnaître cette réalité de la création continue d'information par l'esprit humain que les progrès de la science en sont la meilleure preuve.

C'est pourquoi tous ces écologistes, qui opposent leur déterminisme scientiste aux véritables économistes — lesquels nient tranquillement qu'il y ait aucune "richesse naturelle", sont tellement prêts à nier l'expérience lorsque celle-ci, comme elle le fait régulièrement, réfute leurs prédictions catastrophistes : ils croiraient aller contre la raison même s'ils admettaient qu'il n'y a aucune limite physique à l'accroissement de la production.

Ils reprochent bien sûr aux économistes de méconnaître la réalité au nom de leur idéologie, mais c'est eux qui le font : c'est leur démarche qui part d'une négation absurde d'une moitié de la réalité, et c'est elle qui est anti-expérimentale.

Ce n'est donc pas un hasard si leur prétendu "principe de précaution" exige que l'on écarte l'expérience — sous prétexte qu'elle serait "insuffisante", alors qu'elle le sera toujours forcément, au nom des produits de leur imagination inquiète, et implique une définition absurde de la "précaution" qui, de manière caractéristique, implique aussi de nier a priori une moitié de la réalité — la possibilité d'une "précaution inutile", laquelle doit elle aussi forcément pouvoir exister.
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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Peau d'âne le Ven 23 Mar 2007 - 23:40

Estimés Forumeurs et Forumeuses,

Les écrits de Dame Guinevère et de Rantanplan mettent en évidence l'importance du catastrophisme dans cette dialectique.

Le catastrophisme est un outil, et une signature. Son emploi montre que l'on cherche à tromper. Même quand c'est votre syndic qui l'utilise!

Voyez dans ce cas du réchauffement. La fonte complète des glaces de l'Antarctide et du Groënland ferait monter le niveau de la mer d'une cinquantaine de mètres. (70 m. théoriques, réduits par l'élasticité du manteau. )
Quelle catastrophe!.... si cela se produisait en un jour. Mais en un siècle, même en une décennie, est-ce vraiment une catastrophe? Certes, Paris redeviendrait port de mer, et là où j'habite on verrait des bateaux. Mais souvenez vous de la géologie du bassin parisien. Ce ne serait pas la première fois.

Un scientifique vient de plaider que l'augmentation du CO² de l'atmosphère, par sa dissolution, entrainerait une hécatombe de coquillages, de certains planctons, et, par conséquence, des poissons.
Mais c'est oublier que si près du quart de CO² actuel vient de l'homme, le gros de l'augmentation de ce gaz depuis la déglaciation vient de ce que la mer s'étant dessalée, (à cause des 120 m. d'eau douce venant des glaces), la pression d'équilibre entre les ions carbonates et hydrogénocarbonates s'est déplacée, ce qui a causé le dégazage. Ce qui revient à dire qu'on reviendrait vers le statu quo ante.

Tout argument, même et surtout le plus fumeux, peut s'employer. Et tout est bon si cela permet de d'orienter la manne vers son laboratoire.

Mais le catastrophisme permet surtout de faire avancer ce qui semble derrière tout cela: aller plus vite vers le Meilleur des Mondes
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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Guinevere le Sam 24 Mar 2007 - 8:14

Rantanplan, vous soulevez un point essentiel en rappelant que toute richesse est créée. Même un chasseur-cueilleur doit faire l'effort non seulement de ramasser dans la nature ce qu'il consomme mais aussi de se doter des instruments adéquats, cordes, épieux, colles végétales pour les pièges, seaux de bois creusé, etc. Il n'y a pas d'homme sans outils.
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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Shesepankh le Sam 24 Mar 2007 - 12:37

Rantanplan a écrit:...qu'aucune source de causalité réellement nouvelle n'apparaît dans les systèmes qu'étudie la science expérimentale — sinon on ne pourrait jamais en établir les lois...
La vraie causalité, on l'a trouve entre-les-choses.
Je crains que vous ne parliez que de la causalité logico-déductive, enfin, de celle qui est incapable de trouver comment on passe d'une couche logico-déductive C1 à une autre plus riche C2, et ainsi de suite.
Vous êtes en plein dans l'analyse de systèmes dont la principale caractéristique est de bannir toute vraie création en son sein.
Je suis également curieux de connaître votre définition de l'information.

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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Shesepankh le Sam 24 Mar 2007 - 12:49

Rantanplan a écrit:Le présupposé qu'ils méconnaissent, en revanche, c'est que les expérimentateurs eux-mêmes ne peuvent pas eux-mêmes être entièrement déterminés par les lois naturelles.
La Loi Naturelle, c'est le Logos.
Nous sommes créés à l'image de l'Eternel, et nous avons la capacité de nous conformer à la Loi divine.
Enfin, si nous nous orientons vers le Bien.
Notre "liberté" nous permet aussi de nous diriger vers le mal, nous dirons dans ce cas que nous nous soumettons à l'anti-Logos.
Reste à chercher comment le Logos fonctionne dans la création continue de l'Univers, Univers qui est aussi un être vivant, et à à adopter un potentiel de pensée congru avec ce mode de production.

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Re: Climat : polémique entre académiciens

Message par Rantanplan le Sam 24 Mar 2007 - 18:02

Ce n'est pas moi qui bannis la création, c'est le matérialisme dont s'inspirent les communistes soi-disant écolos.
Je ne suis pas sûr que toute analyse des systèmes l'exclue aussi, ni qu'on ne passe pas à côté d'une distinction nécessaire en identifiant le Logos et la loi naturelle.
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