Je suis ici incognito

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Je suis ici incognito

Message par Charles B le Mar 14 Aoû 2007 - 4:36

Hier j'ai été gravement diffamé par un abruti diplômé, se disant théologien.

Ci-dessous quelques renseignements glanés sur internet et qui démontrent que l'on en apprend + en 10 mn sur internet qu'en 3 heures sur RC.
Désormais c'est sur internet que ça se passe.

Bravo à votre nouvelle antenne Lumière 101 de l'avoir compris.

Charles Pierre Baudelaire, né à Paris le 9 avril 1821, était un poète français.

Baudelaire se vit reprocher son écriture et le choix de ses sujets. Il ne fut
compris que par quelques-uns de ses pairs. Dans Le Figaro du 5 juillet
1857, Gustave Bourdin réagit lors de la parution des Fleurs du mal : «
Il y a des moments où l'on doute de l'état mental de M. Baudelaire, il
y en a où l'on n'en doute plus ; — c'est, la plupart du temps, la
répétition monotone et préméditée des mêmes choses, des mêmes pensées. L'odieux y côtoie l'ignoble ; le repoussant s'y allie à l'infect... ».

Aujourd'hui
reconnu comme un écrivain majeur de l'histoire de la poésie française,
Baudelaire est devenu un classique. Barbey d'Aurevilly voyait en lui
«un Dante d'une époque déchue».

Au travers de son œuvre, Baudelaire a tenté de tisser et de démontrer les liens entre le mal et la beauté, la violence et la volupté (Une martyre). En parallèle de poèmes graves (Semper Ædem) ou scandaleux pour l'époque (Delphine et Hyppolite), il a exprimé la mélancolie (Mœsta et errabunda) et l'envie d'ailleurs (L'Invitation au voyage).

En 1827, son père (un prêtre "défroqué") meurt mais cet homme lettré, épris des idéaux des Lumières et amateur de peinture, peintre lui-même, lui laisse un héritage spirituel. Un an plus tard, sa mère se remarie avec le chef de bataillon Jacques Aupick. Le futur poète ne pardonnera jamais à sa mère ce remariage et l'officier Aupick, devenu ambassadeur, incarne à ses
yeux tout ce qui fait obstacle à ce qu'il aime : sa mère, la poésie, le rêve, la vie sans contingences.

Renvoyé du lycée pour une vétille en 1839, Baudelaire choisit de mener une vie en opposition aux valeurs bourgeoises incarnées par sa mère et son beau-père. Celui-ci, jugeant la vie de son beau-fils "scandaleuse", décide de l'envoyer en voyage vers les Indes. Voyage que Baudelaire écourtera, mais qui imprégnera pourtant son imaginaire (amour de la mer, vision d'un ailleurs exotique).

De retour à Paris, il s'éprend de Jeanne Duval, jeune mulâtresse, avec laquelle il connaîtra les charmes et les amertumes de la passion. Dandy endetté, il est placé sous tutelle judiciaire et connaît dès 1842, une vie misérable. Il commence alors à composer plusieurs poèmes des Fleurs du mal. Critique d'art et journaliste, il défend en Delacroix le représentant du romantisme en peinture. En 1848, il participe aux barricades mais souhaite surtout, dit-on, exhorter les insurgés à fusiller... Aupick. Plus tard, il
partage la haine de Gustave Flaubert et de Victor Hugo pour Napoléon
III.

Les Fleurs du mal paraissent en 1857 et le recueil est en partie condamné « pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs». La nouvelle édition de 1861 sera enrichie et restructurée mais aussi amputée de six poèmes interdits par le juge Pinar (Les bijoux ; Le Léthé ; À celle qui est trop gaie ; Lesbos ; Femmes damnées [le premier poème] ; Les métamorphoses du vampire), réunis plus tard sous le titre Les Épaves.

Le poète part alors pour la Belgique et se fixe à Bruxelles où il prépare un pamphlet contre ce pays qui figure à ses yeux une caricature de la France bourgeoise. Il y rencontre Félicien Rops qui illustre les Fleurs du mal. En 1866, lors d'une visite à l'église Saint-Loup de Namur, Baudelaire a une perte de connaissance à la suite de laquelle il subit des troubles cérébraux, en particulier l'aphasie. Il meurt le 31 août 1867 et est enterré au cimetière du Montparnasse (6ème division), dans la même tombe que son beau-père le général Aupick et que sa mère.

Le Spleen de Paris sera édité à titre posthume en (1868). À sa mort, son héritage littéraire est mis aux enchères. Michel Lévy (éditeur) l'acquiert pour 1 750 francs. Le jugement de 1857 ne sera revisé, et Baudelaire réhabilité, qu'en 1949.

«Tout enfant, j'ai senti dans mon cœur deux sentiments contradictoires :
l'horreur de la vie et l'extase de la vie.» (Mon cœur mis à nu)

Toutes les grandes œuvres romantiques témoignent de ce passage de l'horreur à l'extase et de l'extase à l'horreur. Ces impressions naissent chez Baudelaire du sentiment profond de la malédiction qui pèse sur la
créature depuis la chute originelle. En ce sens les Fleurs du Mal appartiennent au Génie du christianisme.

Analysant ce qu'il appelait « le vague des passions » dans la préface de 1805 à cet ouvrage, Chateaubriand écrivait : « Le chrétien se regarde toujours comme un voyageur qui passe ici-bas dans une vallée de larmes, et qui ne se repose qu'au tombeau. » Pour Baudelaire, il ne s'agit ni de
littérature, ni de notions plus ou moins abstraites, mais « du spectacle vivant de (sa) triste misère ». Comme la nature, l'homme est souillé par le péché originel et, à l'instar de René ou de Werther (Goethe), Baudelaire n'éprouve le plus souvent que le dégoût pour « la multitude vile » (Recueillement). Ce qui le frappe surtout, c'est l'égoïsme et la méchanceté des créatures humaines, leur paralysie spirituelle, et l'absence en elles du sens du beau comme du sens du bien. Le poème en prose La Corde s'inspirant d'un fait vrai, raconte comment une mère, indifférente pour son enfant qui vient de se pendre, s'empare de la corde fatale pour en faire un fructueux commerce.

Baudelaire
devait en souffrir plus que tout autre : l'Albatros dénonce le plaisir
que prend le « vulgaire » à faire le mal, et, singulièrement, à
torturer le poète. Dans l'Art Romantique, Baudelaire remarque : « C'est
un des privilèges prodigieux de l'Art que l'horrible, artistement
exprimé, devienne beauté et que la douleur rythmée et cadencée
remplisse l'esprit d'une joie calme. ». Des poèmes, comme Le Mauvais
Moine, L'Ennemi, Le Guignon montrent cette aspiration à transformer la
douleur en beauté. Avant Baudelaire, Vigny et Musset avaient également
chanté la douleur. Dans La Nuit d'octobre, la muse enseignait à Musset
ce qu'est la souffrance.

Comment Baudelaire aurait-il pu croire
à la perfectibilité des civilisations ? Il n'a éprouvé que mépris pour
le socialisme d'une part, pour le réalisme et le naturalisme d'autre
part. Les sarcasmes à l'égard de ces théories se multiplient dans son
œuvre. Comme Poe, il considère « le Progrès, la grande idée moderne,
comme une extase de gobe-mouches ». Pour en finir avec ce qu'il appelle
« les hérésies » modernes, Baudelaire dénonce encore « l'hérésie de
l'enseignement » : « La Poésie, pour peu qu'on veuille descendre en
soi-même, interroger son âme, rappeler ses souvenirs d'enthousiasme,
n'a d'autre but qu'elle-même. (…) Je dis que si le poète a poursuivi un
but moral, il a diminué sa force poétique; et il n'est pas imprudent de
parier que son œuvre sera mauvaise. » (article sur Théophile Gautier)

Le poète ne se révolte pas moins contre la condition humaine. Il dit son
admiration pour les grandes créations sataniques du romantisme comme
Melmoth (roman noir — gothique — de Charles Robert Maturin). Négation
de la misère humaine, la poésie, à ses yeux, ne peut être que révolte.
Celle-ci prend une forme plus moderne dans les Petits poèmes en prose
et se fait humour noir.

Rejetant les erreurs du réalisme et de l'art pour l'art, Baudelaire veut atteindre la vérité essentielle, la vérité humaine de l'univers. Il écrit dans le Salon de 1846 : « La première affaire d'un artiste est de substituer l'homme à la nature et de protester contre elle. Cette protestation ne se fait pas de parti pris, froidement, comme un code ou une rhétorique, elle est emportée et naïve, comme le vice, comme la passion, comme l'appétit. » Et il ajoute dans le Salon de 1859 : « L'artiste, le vrai artiste, le vrai poète, ne doit peindre que selon qu'il voit et qu'il sent. Il doit être
réellement fidèle à sa propre nature. ». Baudelaire énonce ainsi la
découverte fondamentale de la sensibilité moderne : « Le beau est
toujours bizarre. Je ne veux pas dire qu'il soit volontairement,
froidement bizarre, car dans ce cas il serait un monstre sorti des
rails de la vie. Je dis qu'il contient toujours un peu de bizarrerie,
de bizarrerie non voulue, inconsciente, et que c'est cette bizarrerie
qui le fait être particulièrement le Beau. »

C'est pourquoi
l'imagination est pour lui « la reine des facultés ». Au fait, elle
substitue « une traduction légendaire de la vie extérieure » ; à
l'action, le rêve. Cette conception de la poésie annonce celle de
presque tous les poètes qui vont suivre. Cependant, Baudelaire n'a pas
vécu son œuvre parce que pour lui vie et poésie, restaient, dans une
certaine mesure, séparés. Là où Baudelaire et Stéphane Mallarmé ne
pensaient qu'œuvre d'art, les Surréalistes, après Arthur Rimbaud,
penseront œuvre de vie, et voudront changer la vie. On peut pourtant
comprendre l'hommage que lui rend le jeune Rimbaud : « Baudelaire est
le premier voyant, roi des poètes, un vrai Dieu. »

Ainsi, le Surnaturalisme comporte en germe certains aspects de l'œuvre de Lautréamont, de Rimbaud et du surréalisme même.

C'est à propos de la peinture d'Eugène Delacroix et de l'œuvre de Théophile
Gautier que Baudelaire a usé de cette formule célèbre qui caractérise
si justement son art : « Manier savamment une langue c'est pratiquer
une espèce de sorcellerie évocatoire. C'est alors que la couleur parle,
comme une voix profonde et vibrante, que les monuments se dressent et
font saillie sur l'espace profond, que les animaux et les plantes,
représentants du laid et du mal, articulent leur grimace non équivoque,
que le parfum provoque la pensée et le souvenir correspondants, que la
passion murmure ou rugit son langage éternellement semblable. »

Seul
Gérard de Nerval, avant lui, avait créé une poésie qui ne fût pas
littérature. Libérée du joug de la raison, la poésie peut désormais
exprimer la sensation dans sa brutalité. Déjà, dans ses meilleurs
poèmes, Baudelaire, comme le feront après lui, Verlaine, Mallarmé,
Maurice Maeterlinck, ne conserve du vers classique que sa musique,
évitant par les césures irrégulières, les rejets, les enjambements le
caractère par trop mécanique de l'alexandrin. Inspiré par la lecture de
Gaspard de la nuit d'Aloysius Bertrand qui, le premier, avait introduit
le poème en prose en France, il compose Petits poèmes en prose et
explique dans sa préface : « Quel est celui de nous qui n'a pas, dans
ses jours d'ambition, rêvé le miracle d'une prose poétique, musicale
sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s'adapter
aux mouvements lyriques de l'âme, aux ondulations de la rêverie, aux
soubresauts de la conscience ? »

Œuvre :

Le Salon de 1845 (1845)
Le Salon de 1846 (1846)
Le Salon de 1859 (1859)
Journaux intimes (1851-1862)
Les Paradis artificiels (1860)
Curiosités esthétiques (1868)
Réflexions sur quelques-uns de mes contemporains (1862)
Richard Wagner et Tannhaüser à Paris (1862)
Le Peintre de la vie moderne (1863)
L'oeuvre et la vie d'Eugène Delacroix (1863)
Mon coeur mis à nu (1864)
L'art romantique (1869)
La Fanfarlo (1847)
Du vin et du haschisch (1851)
Les Fleurs du mal (1857)
Fusées (1867)
Petits poèmes en prose ou Le Spleen de Paris (1862)

Il fut également le premier traducteur en français d'Edgar Allan Poe
(notamment les Histoires extraordinaires), qu'il contribua à faire
connaître. On tient parfois ces traductions comme supérieures à
l'original.
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Re: Je suis ici incognito

Message par Victor le chacal le Mar 14 Aoû 2007 - 5:07

Bon esprit Wink Bienvenue sur le FL Smile

Pour une fois que Sa Faquinerie essayait de commettre une émission culturelle...
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